Programme I : Education

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« Lettré, lâche, hypocrite et charlatan, parlant beaucoup sans rien dire, plein d’esprit sans aucun génie, abondant en signes et stérile en idées. »

J.-J. Rousseau, Julie ou la nouvelle Héloïse, IV, 3 (1761)

 

          Il est beau, il est bon, il est chaud mon programme ! Demandez le programme ! Le soulagement se lit sur tous les visages, les alléluias et les vivats sourdent et fusent de toute part. Non, ce n’est pas la sortie du dernier blockbuster hollywoodien, ni même une quelconque victoire sportive de grande ampleur qui émeut tant dans les canards de France et de Navarre. C’est bel et bien ce joyau messianique que constitue le programme d’Emmanuel Macron qui apparaît à nos yeux émerveillés. Du moins de vagues orientations et des propos qui ont pour mérite, lorsqu’ils ne tendent pas au truisme, de mettre tout le monde d’accord. Comprenant, comme l’enseignait le Cardinal de Retz, que l’on ne sortait de l’ambiguïté qu’à son détriment, le jeune champion des médias, en bon amateur de la synthèse hollandienne, a pris peu de risques à travers ces dix-sept pages.

          Pour ce premier article, nous nous intéresserons aux indications données en matière d’éducation, d’enseignement supérieur et d’affaires culturelles.

 

Concernant l’école, nul superlatif mais beaucoup d’enfoncement de portes ouvertes. Si les objectifs sont nobles – à savoir l’autonomisation, la priorité à l’école primaire pour la lecture, l’écriture et le calcul et l’interdiction des téléphones portables dans l’enceinte des écoles, certaines propositions suscitent un certain questionnement. Le candidat propose ainsi de limiter à douze le nombre d’élèves dans les classes de CEP et CE1 en zone prioritaire. Le nombre d’élèves par classe étant dans l’enseignement élémentaire de 18.9, on peut se demander si tous les autres élèves ne nécessitent pas également de petites classes si tel est véritablement le problème. En effet, nul n’est censé ignorer que l’inattention et l’indiscipline sont des phénomènes répandus dans toutes les écoles, nouvelles technologies et déficience d’autorité aidant. Sur ce dernier point, Emmanuel Macron ne propose rien, aucune ligne sur la formation des enseignants qui est au cœur de la crise scolaire. Rien non plus sur l’uniforme à l’école et l’autorité réelle des enseignants…

Le bon sens pousse toutefois l’ancien ministre à vouloir rétablir les études dirigées du soir animées par des bénévoles. Néanmoins, face au baccalauréat, le candidat qui veut le « moderniser » propose la fausse bonne idée par excellence, à savoir réduire le nombre de matières à l’examen pour favoriser le contrôle continu. Or toute personne qui a été élève sait que le contrôle continu est si aléatoire – niveau du lycée, exigences du professeur et autres circonstances de fait diverses et variées – que seul un concours national peut refléter le niveau d’un élève et assurer l’égalité entre les différents établissements, notamment dans l’optique de l’accès aux études supérieures.

 

Partant, on retrouve le cadeau qui va ménager la gauche suite à l’autonomisation des universités : la construction de 80 000 logements pour les « jeunes ». Etudiants ou jeunes travailleurs ? Aucune idée. Quid du financement ? Itou. Espérons seulement que l’Etat ne continuera pas, comme s’en inquiétait l’architecte Jean Nouvel, de construire des bâtiments « vite fait, bien fait » pour pourvoir à certains besoins légitimes, en ne prenant pas garde à ce que deviendront ces logements dans dix ou quinze ans, tant architecturalement que qualitativement.

 

Enfin, concernant la culture, le candidat ne se fend que de deux propositions. La première est de fort bon aloi : ouvrir les bibliothèques en soirée et en fin de semaine. La seconde laisse rêveur : le fameux « pass culturel » (un anglicisme était bien venu en parlant de culture !). CE pass est un chèque de 500 euros offert à tout français de dix-huit ans et qui pourra être dépensé dans dans des lieux, des manifestations ou des œuvres culturels. Outre un certain électoralisme, le problème vient évidemment de ce que l’on entend par culture, tant ce mot a été perverti.  La surprise ne dure pas longtemps, Emmanuel Macron twittant une vidéo de jeunes interrogés lors d’un micro-trottoir, déjà impatients d’aller écouter en concert les artistes Jul, Booba ou Kaaris…

2 Comments

  1. Bref, on continue comme c’est, on favorise les quartiers difficiles et on rend le bac encore plus bidon.

    Quand à l’idée chèque culturel… Ben figurez-vous que la région PACA où j’habite a décidé de les supprimer tant ils étaient un gâchis d’argent. Et question culture, Macron se met bien au niveau des banlieusards qu’il n’aura pas de mal à convaincre au second tour…

  2. macron= grand incapable, voleur des pauvres, ami des banquiers, hypocrite, vil, lache, grande merde; la france ne s’enlisera qu’encore plus avec ce type, on est franchement mal barré!

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